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De notre propre espace contraint. Les préhistoriens à l’épreuve des faits.
Interrogations sur le poids des modèles interprétatifs dans la manière de faire, dire et voir la préhistoire.
Ces trente dernières années, l’émergence, le développement et la mise en oeuvre de nouvelles procédures de terrain et de laboratoire appliquées à l’archéologie préhistorique ont produit des résultats qui permettent de questionner la pertinence des modèles en vigueur : les fouilles extensives et la notion de site ; la stratogenèse et la formation des gisements ; la taphonomie et l’intégrité des dépôts ; la biochimie du sédiment et la mise en lumière des catégories de vestiges disparus ; la pétroarchéologie et les questions de paléogéographie ; la technologie comme révélateur des traditions techniques ; la tracéologie et la fonctionnalité des objets ; l’ADN fossile et la biologie des populations/espèces passées ; la formalisation de l’ethnoarchéologie et nos rapports à l’avant et l’ailleurs, etc.
Si certains acquis sont venus se fondre dans les modèles explicatifs, d’autres, au contraire, interrogent aujourd’hui la pertinence des reconstitutions. Plutôt que d’en exposer les résultats les plus novateurs, cette session propose de réfléchir sur la manière dont ces données viennent questionner les modèles en cours, en repartant des concepts à partir desquels ils s’échafaudent : notions de site, de couche, de territoire, de temps, de fonction, d’économie, de culture, d’évolution, d’inégalité, de genre, etc. Les fondements épistémologiques de ces concepts, briques élémentaires de nos analyses, ne sont en effet que rarement explicités ; dans des conditions, retourner à leur définition paraît d’autant plus essentiel que leur acceptation conditionne nos manières de faire, dire et voir la préhistoire, dans un monde où les interactions sciences-société sont de plus en plus valorisées.
Les présentations qui alimenteront cette session auront pour vocation d’illustrer des méthodes et des résultats qui viennent interroger les cadres de la discipline, proposant – ou non – des moyens de les dépasser. Des temps d’échanges seront consacrés à débattre de notre pratique, des questions et des enjeux qui la fondent : ce que l’on fait, ce que l’on cherche et comment en transmettre les acquis à tous les publics.
Organisateurs :
Raphaël Angevin, Ministère de la Culture, DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, UMR 7041 ArScAn
Vincent Delvigne, CNRS, UMR 8068 TEMPS
Jean-Paul Raynal, CNRS émérite, UMR 5199 PACEA
Communications
Mardi 9 juin
13h00-13h10 : introduction à la session
13h10-13h30 : J. Guibert : Pratiquer, (re)construire et dire la Préhistoire ancienne d’Asie du Sud-Est : réflexions et perspectives sur nos discours depuis quelques extrémités tropicales de l’Eurasie
13h30-13h50 : L. Montaigne : Quand l’objet fait débat : La lame du Paléolithique moyen, histoire d’une invisibilisation
13h50-14h10 : J. Bude & C. Riche : Des productions simples pour les tailleurs mais difficiles pour les lithiciens : réflexions sur la place des débitages d’éclats de la fin du Néolithique dans les études lithiques
14h10-14h30 : C. Mathias : Les Préhistorien·nes derrières les données : réflexions d’après l’étude d’un blind-test techno morpho-fonctionnel.
14h30-14h50 : I. Querenet Onfroy de Breville : Réévaluation des matières colorantes au sein de l’Aurignacien du sud-ouest de la France : cas des grottes d’Isturitz, de Gatzarria et de Brassempouy
14h50-15h10 : A. Henry : Quels schémas interprétatifs pour les pyrotechnologies anciennes vues à travers le prisme des combustibles et de l’ethnoarchéologie ?
15h10-15h20 : Break / Discussion
15h20 - 15h40 : R. Tagliaferro & A. Sarrazin : Pour une typologie quantitative : l’intégration des données LiDAR dans l’analyse morphologique des sites de hauteur fortifiés protohistoriques. Étude comparée entre le Lot et les Hautes-Pyrénées
15h40-16h00 : E. Cormarèche, P. Tallet, A. Taylor, M. Rué, E. Vaissié, S. Bernard-Guelle : Un effet papillon ? Contraintes, choix et impacts inhérents aux fouilles préventives des sites de plein air du Paléolithique moyen
16h00-16h20 : V. Delvigne, M. Langlais, D. Pesesse, A. Lafarge, B. Bosselin, E. Lesvignes, L. Dijkstra, M. Lejay, J.P. Raynal : Le paradigme de « la couche » : construire une histoire archéologique à partir d’ensembles hétéroclites
16h20-16h40 : S. Plutniak : Ce que nous savons de l'espace archéologique
16h40-17h00 : R. Angevin, V. Delvigne, M. Baillet, P.A. Beauvais, B. Berard, P. Butterlin, N. Naudinot, A. Queffelec, J.P. Raynal : Les objets préhistoriques contre la culture ? Un point de vue archéologique à partir d'exemples européens, antillais et moyen-orientaux (du Paléolithique récent à l'âge du Bronze)
17h00 – 17h20 : C. Fritz et G. Tossello : Temporalités et cultures de l’art paléolithique : la contrainte d’un paradigme ancien
17h20 - 17h40 : Discussions conclusives.
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